CAP était à Rio ! Premières impressions.

Rio +20, vu de l’intérieur

Le « Rio Centro », à 20km de Rio, concentre 50.000 participants parlant de développement durable. Une conférence des Nations-Unies qui a lieu tous les 10 ans…Quelle responsabilité vis-à-vis de la société, des générations futures ! Tout le monde est venu avec la volonté d’orienter la déclaration dans la bonne direction. Pourtant comme souvent, les positions se sont vite radicalisées, notamment entre G8, G77, BRICS et Union européenne.

Avant la fin, les médias ont déjà relayé des commentaires pessimistes : parlant de Rio moins 20, d’accord éculé, de méthode brutale. En effet, les Brésiliens, échaudés par l’échec de Copenhague sur le climat, ont tout fait pour arriver à un accord, fusse-t-il minimaliste. Les autorités politiques des 190 nations n’étaient pas encore arrivées sur le sol brésilien que la déclaration était ficelée à la hussarde par la présidence. Stupeur parmi les négociateurs…

Que peut-on retenir de Rio+20?

• Sur la forme : une méthode de concertation multilatérale, fourmillante mais tellement lente, avec en parallèle des centaines de séminaires thématiques, véritables concentrés de savoirs et d’idées de la société civile, pour alimenter les réflexions et démontrer la créativité des plus engagés pour répondre aux défis de la planète.

• Sur le fond : Lire avant de critiquer ! La déclaration de 50 pages est riche d’enseignements, et le fruit d’un consensus de près de 190 pays ! Disponible en ligne, elle aborde pêle-mêle l’économie verte, les institutions nécessaires au DD, les droits de l’homme, l’énergie, les conditions de travail, les outils de mesure, la forêt, les océans, les états insulaires, le tourisme, la finance, la coopération, les villes durables… sans réels engagements ni moyens de mise en œuvre. Quelques messages clés : le PNUE ne sera pas promu au rang d’organisation des N-U, des objectifs de DD succèderont aux Objectifs du Millénaire .. et certains droits fondamentaux ne sont toujours pas acquis (notamment pour les femmes).

• Quelle est la force juridique du texte ? Ce n’est rien d’autre qu’une déclaration, qui ouvre la porte à un travail plus structuré au sein des organes des Nations-Unies sur les thèmes agréés.

Quel rôle pour la normalisation ? L’ISO, appuyée par l’OIF, a bien occupé le terrain à Rio+20 : organisant plusieurs « side events », elle a mis en avant la valeur ajoutée d’ISO 26000 sur la responsabilité sociétale comme outil à disposition de tous les acteurs de la Société pour s’engager en faveur du DD. La puissance de son processus d’élaboration multi-parties prenantes aurait été d’une grande aide à Rio+20, et pourrait inspirer de prochaines négociations. Et dans le texte, une mention à la responsabilité sociétale (voir paragraphe 46), une première allusion au reporting sur le DD, est une tentative d’harmonisation de la reddition de compte de toute organisation.

 

Rio, le 21 juin 2012

Marie d’Huart

Serge De Backer

CAP conseil

 

 

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